Archives de décembre, 2012

Insomnie

Publié: décembre 15, 2012 dans Billet d'humeur
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Il en met du temps le soleil à se lever quand le sommeil nous fuit, quand on attend l’heure où la maisonnée s’anime. Dans ma forêt où les arbres prennent leur pied à chaque année, ma maison semble de plus en plus petite et l’astre du jour rase longtemps leurs troncs avant de se montrer un peu au-dessus des cimes.
Il en met du temps. Un long pélerinage au-dessus des villes où les gens retournent peu à peu à leurs si importantes occupations, coincés dans leurs voitures crachant du CO2. Ne pas réfléchir et foncer, car sinon on pourrait vouloir figer notre main qui ira réveiller le petit pour ne pas qu’il quitte le nid douillet de son enfance, pour ne pas qu’il soit happé par l’absurdité de notre course folle vers l’abîme.
Je crois que je vais retourner me coucher…
Auteur: Francine Gaulin

Ma pensée du jour

Publié: décembre 8, 2012 dans Billet d'humeur
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Il y a des génies qui basculent dans le cynisme, et on peut comprendre pourquoi quand on voit comment tourne le monde, eux qui sont si clairvoyants. Il y a d’autres génies qui s’éclatent dans la création et ils tentent de refaire un monde plus beau, plus en accord avec ce qu’ils aimeraient qu’il soit. Les deux sont utiles, car les premiers nous bousculent, nous réveillent, les seconds nous donnent un peu d’espoir, ce qui aide à continuer à se lever tous les matins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur: Francine Gaulin

Le mystère du cadeau de Noël

Publié: décembre 3, 2012 dans Conte
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Cette année-là, Félix avait préparé soigneusement une longue liste de cadeaux à demander au Père Noël. Il espérait que celui-ci aurait oublié la fois où il avait collé un chewing-gum dans les cheveux de sa soeur Stéphanie,aussi la fois où il avait rendu malade le chien du voisin en le gavant de crème glacée au chocolat, de même que le jour où il avait subtilisé cinquante sous dans la tirelire de sa soeur pour s’acheter des bonbons, sans compter le jour où… Oh, là, là! La liste de bêtises était très longue.                                                                

Heureusement, se dit Félix, je n’habite pas en Allemagne. Dans ce pays, c’est Saint-Nicolas qui distribue les cadeaux aux enfants. Le problème, c’est qu’il est accompagné du Père Fouettard, un méchant bonhomme qui donne des coups de bâtons aux enfants turbulents. Oh, je parie que tout ça c’est encore une invention de parents pour qu’on se tienne tranquille, se dit Félix.

Félix, du reste n’était pas tout à fait certain si le Père Noël existait vraiment. Ce qui importait au fond, était que jamais il n’avait passé une fête de Noël sans recevoir de cadeaux. Il avait donc envoyé sa lettre par courrier électronique, car même le père Noël est branché. Et puis c’est tellement plus rapide. Quelques secondes après, paf le message est rendu dans l’ordinateur du vieux bonhomme.Plus besoin de timbre et de papier. Quelle économie pour l’environnement!

Ce soir-là, Félix s’endormit l’esprit tranquille, avec la satisfaction du devoir accompli. Il fit un drôle de rêve. Il rêva que les rois mages s’étaient égarés en route parce qu’ils avaient suivi un satellite américain au lieu de l’étoile de Noël. Heureusement, le Père Noël qui veille sur tous les enfants était passé par là. Apercevant du haut des airs les trois rois mages égarés, il s’était posé près d’eux pour leur offrir son aide. Apprenant qu’ils s’en allaient porter des présents à un enfant en cette nuit de Noël, il les embarqua dans son traîneau volant tiré par neuf rennes.

Le décollage avait été un peu difficile, car un des rois mages transportait un tas de lourdes pièces d’or. Quant aux deux autres, ils apportaient de l’encens et de la myrrhe. Quels curieux cadeaux pour un bébé. Lorsque Stéphanie était née, ses oncles et tantes avaient plutôt apportés des petits pyjamas, des couvertures et des jouets. Le Père Noël les conduisit sains et saufs jusqu’à l’étableoù dormait dans une mangeoire un petit enfant bien emmailloté.

Le nouveau né était entouré de ses parents, Marie et Joseph, et d’un âne et un boeuf qui le réchauffaient avec leur souffle. Soudain, une étoile très brillante s’immobilisa au-dessus de l’étable. Comme tous en étaient éblouis, le Père Noël profita de cette diversion pour repartir en douce, car beaucoup de travail l’attendait encore. Et à vrai dire, il commençait à avoir un peu chaud dans son gros manteau rouge bordé de fourrure blanche.

Plus que deux jours avant Noël. Les parents de Félix et Stéphanie eurent l’idée fabuleuse d’organiser une ballade en traîneau à cheval à travers la campagne. Comme c’était féérique! Les branches des sapins étaient couvertes d’une épaisse couche de neige. Félix profita de cette manne pour jouer un bon tour à sa soeur. Il attrapa une branche bien enrobée et la relâcha juste au moment où Stéphanie se trouvait en dessous. Toute la neige se déversa sur la tête de sa soeur. Celle-ci se jeta sur son idiot de frère, bien décidée à lui faire avaler une bonne tasse de poudreuse. Heureusement, tout se termina en rigolade, sous le regard exaspéré de leurs parents.

Quelle joie de sentir l’air pur de la campagne caresser leurs joues. Les chevaux allaient bon train en faisant tinter les colliers de grelots qu’ils avaient autour du cou. Le cocher expliqua que si on mettait ainsi des clochettes aux chevaux s’était à l’origine pour éviter des accidents. Du temps de nos arrière-grands-parents tout le monde circulait en traîneau l’hiver, car les automobiles n’existaient pas. Le glissement de leurs patins était si silencieux qu’une fois emmitouflé jusqu’aux oreilles, on n’entendait pas  les autres attelages s’approcher. Et la nuit c’était encore pire, car en plus, on ne pouvait pas les voir! Avec les grelots, voilà un problème de réglé. Ça doit quand même être un peu pénible à la longue pour les oreilles des chevaux, se dit Félix.

Le conducteur du traîneau profita de la ballade pour leur couper un beau sapin dans sa forêt, qu’il arrima solidement à l’arrière du traîneau.  De retour à la maison, on alluma un feu dans le foyer, et frère et soeur s’assirent côte à côte devant l’âtre pour réchauffer leurs doigts engourdis. Ce soir était le grand soir. Leurs parents allaient enfin décorer le sapin. Imaginez, ils devaient être les seuls dans la rue qui n’avaient pas encore leur sapin illuminé. Chez tous les copains de Félix la chose était réglée depuis le début du mois de décembre. Mais on ne change pas facilement une tradition familiale. Aucun argument n’avait jamais su y faire. Le 23 décembre était LA date.

Une journée en plein air, c’est quand même épuisant. Félix savait que, de toute façon, ses parents ne commenceraient pas les décorations tant que leurs petits diables ne seraient pas au lit. Pour les aider à trouver le sommeil, son père leur fit jouer quelques beaux airs de Noël. Félix s’endormit bientôt sur les premières notes de « Mon beau sapin », rêvant d’un arbre magnifique orné de vraies bougies, comme on faisait autrefois. C’était vraiment très joli, mais aussi très dangereux pour le feu. Félix était bien content que ses parents aient opté pour les ampoules électriques.

Inutile de préciser qu’au petit matin, dès leur réveil, Félix et Stéphanie se sont précipités au salon pour admirer le chef d’oeuvre de leurs parents. Le sapin trônait majestueusement à la place de la lampe halogène dans le coin de la pièce. Il était décoré de jolies boules multicolores, de cannes en sucre, de petits jouets en bois et de glaçons scintillants. Sans oublier l’étoile illuminée à son sommet et la crèche à ses pieds avec tous ses petits personnages. Il n’y manquait que celui du petit Jésus. C’est normal, il n’était pas encore né! Il y avait aussi quatre bas de laine accrochés à la cheminée. Quatre bas peut-être encore vides de surprises mais remplis d’espoir, car c’est ce soir que le Père Noël viendra les combler de présents.

Ce vingt-quatre Décembre fut sans doute la journée la plus longue de l’année pour Félix. Il avait tellement hâte de voir le dessous de l’arbre enfin chargé de cadeaux. Vint finalement l’heure où il fallait aller au lit. Le Père Noël, c’est bien connu, ne passe que si tous les enfants sont endormis. Oui, dormir au plus vite pour que cesse l’attente. Facile à dire! Et si le Père Noël se perdait en chemin? Impossible avec Rodolphe. Bien oui, le petit renne au nez rouge lumineux. Avec tout le trafic aérien, le Père Noël serait mal pris sans Rodolphe. La nuit de Noël, lorsque vous apercevez une lumière rouge qui clignote dans le ciel, prêtez attention! Ce n’est peut-être pas un avion!

 – Réveille-toi Félix, c’est l’heure, lui murmura gentiment son père au chevet de son lit. Ta soeur est déjà levée.

Stéphanie était penchée au-dessus des paquets multicolores disposés sous le sapin, tentant de repérer les boîtes qui lui étaient destinées. Félix ne trouva que quelques boîtes un peu lourdes à son nom. Le Père Noël t’a oublié Félix? ironisa Stéphanie. Peut-être parce que t’es trop tannant!

– Ha, ha, ha, c’que t’es drôle!

Mais Félix n’avait pas du tout le coeur à rire. Le Père Noël avait certainement égaré sa longue liste, c’était clair.

– Allez les enfants, habillez-vous, c’est l’heure d’aller à la messe de minuit, dit la mère des deux petits fébriles.

Félix aimait bien l’atmosphère de l’église le soir de Noël. D’abord parce qu’elle était toute illuminée et joliment décorée. Ensuite parce qu’on donnait à chacun un cierge qu’il fallait allumer pendant qu’on entonnait le « Minuit, Chrétiens ». On éteignait alors presque toutes les lumières. Pouvoir tenir sa propre chandelle et regarder la flamme danser sous ses yeux, quel bonheur. Et puis, une fois la chanson terminée, c’était à qui, de Stéphanie et Félix, réussirait à souffler la chandelle de l’autre. Félix gagnait souvent à ce petit jeu. S’ensuivait immanquablement une petite bousculade. On se jouait du coude jusqu’à la sortie de l’église. Mais la menace de leurs parents de ne pas développer les cadeaux avant le lendemain matin était suffisante pour ramener le calme.

À peine l’automobile fut-elle immobilisée dans l’entrée de cours de leur maison que Félix et Stéphanie s’en extirpèrent en vitesse pour se précipiter à l’intérieur. À savoir qui serait le premier arrivé au pied du sapin. Cette fois-ci c’est Stéphanie qui remporta la course. Félix était demeuré bouche bée à l’entrée du salon. Une très grande boîte rectangulaire, qui à coup sûr n’était pas là tout à l’heure, occupait presque tout l’espace sous l’arbre.

– Regarde Félix, c’est pour toi! dit Stéphanie en essayant de la secouer pour en deviner le contenu.

– Si c’est pour moi, pas touche!

-Qu’as-tu demandé au Père Noël pour qu’il t’apporte une si grosse boîte?, s’informa une Stéphanie curieuse comme une fouine.

Félix avait beau se creuser la tête, repasser en mémoire sa longue liste, rien ne correspondait à la forme de cette boîte. Le plus étrange, c’est que sa maman semblait tout aussi étonnée. Je dis le plus étrange, car si jamais les cadeaux ne venaient pas du Père Noël, alors les parents devaient être dans le coup! Mais quand ceux-ci n’ont pas l’air de comprendre… Là, c’est vraiment bizarre.

– Maman est-ce qu’on peut développer nos cadeaux?, lança enfin une Stéphanie surexcitée.

À peine sa mère avait-elle dit oui que Stéphanie s’était jetée sur les boîtes portant son nom, poussant des exclamations de joie à chaque nouvelle découverte. Mais Félix, de son côté semblait pétrifié sur place.

-Alors, lui dit son père, ouvre donc cette grosse boîte qu’on voit un peu ce qu’il y a à l’intérieur.

Solennellement, Félix commença à décoller lentement chaque ruban gommé, retardant infiniment le moment où il allait enfin percer le secret de la grosse boîte. Puis, il se fit un silence quand finalement il décolla le dernier morceau. Félix regarda tour à tour chacun des membres de sa famille et se décida enfin à ouvrir la boîte.

– Oh, Félix, c’est une guitare, s’écria Stéphanie.

Jamais Félix n’avait demandé cela. Le Père Noël avait dû se tromper dans sa distribution de cadeaux. Félix explora son nouvel instrument de musique. Il n’y avait aucun bouton qui permettait d’entendre des mélodies préenregistrées. C’était bien une guitare, une vraie de vraie! Il essaya maladroitement de jouer sur les cordes sans obtenir rien de bien concluant. La partie n’était pas gagnée!

Lorsque les enfants furent au lit, le papa de Félix s’amusa de la bonne surprise que, pensait-il, sa marraine lui avait faite. Il s’empressa de lui téléphoner pour lui souhaiter Joyeux Noël et la remercier. Mais celle-ci affirma que ce cadeau ne venait pas d’elle. Alors qui avait bien pu apporter cette guitare?

De longs mois passèrent et le mystère demeura inexpliqué. Félix se découvrit pour sa part une passion pour sa nouvelle guitare. Il pratiqua tant et tellement qu’il fit rapidement d’immenses progrès. L’été suivant, sur le balcon de la maison voisine, un vieux monsieur se berçait en souriant dans sa barbe blanche. Il écoutait avec satisfaction la jolie musique qui s’échappait de la fenêtre de la chambre de Félix. Ce cher vieux voisin qui ne recevait jamais de visite… et qui disparaissait… mystérieusement… tous les vingt-quatre décembre au soir…

Mère courage?

Publié: décembre 3, 2012 dans Nouvelle
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Tout à l’heure, j’ai croisé mon amie Manon sortant d’un salon de coiffure. Elle a maintenant plus de six nuances différentes dans les cheveux. Et chaque teinte, quand elle accroche la lumière, multiplie ses propres reflets colorés. Manon est maintenant blonde, rousse et brune et se déguste bien fraîche.

Nous sommes allées prendre un sandwich. Elle m’a bombardée de questions sur ma vie, mon travail, mes enfants, mes amours. Nous avons discuté à bâtons rompus pendant une bonne heure. Puis elle s’est excusée et après une très légère hésitation s’est levée pour partir.

Tout bien réfléchi, je me rends compte qu’elle ne m’a rien raconté de sa vie. Et moi, trop heureuse de rencontrer une oreille aussi attentive, je l’ai inondée de mes petits soucis quotidiens. Au fond, j’ai senti qu’elle n’allait pas bien. Mais j’ai fait la sourde oreille. On dit malentendante sociale. Handicapée relationnelle.

Comment je l’ai trouvée? Oh, elle avait l’air fatiguée, les yeux cernés. Mais quelle mère de famille ne passe pas un jour par là, après une nuit mouvementée à réconforter l’un qui a fait un cauchemar, l’autre qui a la gastro, l’une qui a mouillé ses draps. Pour enfin retourner au lit où ronronne un moteur hors bord. Problème de voies nasales. Pas pour réveiller le pauvre petit chou. Une grosse journée l’attend demain. On va aménager une chambre d’ami au sous-sol. Promesses à répétition.

Ensuite, j’ai oublié tout cela et me suis occupée de ma mission du jour : dégoter une paire de bottes d’hiver pour le premier, quelques chandails pour la princesse, des chaussettes pour ma tendre moitié, et s’il me reste un peu de temps, une petite robe pour une soirée d’anniversaire.

J’ai fait le tour des boutiques, épuisé volontairement et machiavéliquement quelques vendeurs trop zélés, échappé un sac dans la fontaine centrale en cherchant un mouchoir, failli me faire renverser par un petit train rempli de gamins, développé quelques ampoules aux pieds, me suis délestée d’une bonne quantité de fric, et voilà! Je suis prête à regagner ma voiture, si seulement je me souviens où je l’ai garée. Mais avant, un petit café pour me donner du courage.

Here I am! À observer les passants, profession voyeuse. D’ailleurs, en ce moment, j’espionne un couple de jeunes en train de se bécoter. J’essaye en vain de me souvenir de cette sensation qu’on éprouve à l’aube d’une relation amoureuse. Il y a si longtemps. Tiens, mais c’est Manon qui revient. Mais qui est cet homme qui la tient par le bras. Je croise le regard de Manon et cette fois, je suis suffisamment attentive pour comprendre que quelque chose ne va pas. Je flaire le danger. Mon mari dirait que je regarde trop de séries policières, mais mon premier réflexe est d’alerter la police. « Urgence… Tentative d’enlèvement… Place Versaille… Ils se dirigent vers la porte de sortie principale, côté métro… Elle porte un manteau rouge et lui un parka beige. Je vais tenter de les retenir…Faites vite! »

– Hey Manon, comme on se retrouve!

– Odyle! Je suis désolée, je ne peux pas te parler. (Je vois l’homme presser un objet dur contre son flan avec insistance.) Je dois reconduire… mon cousin Donald… à l’aéroport…

C’est un message, j’en suis certaine. Je connais toute la famille de Manon et elle n’a pas de cousin Donald. Je le regarde avec intensité pour imprimer ses traits dans ma mémoire… pour le portrait robot.

– Tu ne devais pas aller chercher ton fils à la garderie? Si tu veux, je l’emmène. Je passe par là…

Mauvaise idée, mauvaise idée. Qu’est-ce que je viens de dire là! Qui a prononcé ces mots stupides. Je vois le mec hésiter. Il commence à comprendre que dès qu’on apprendra que Manon a disparu, il pourrait être identifié. Mais que font les flics? Dans les films, ils arrivent beaucoup plus vite. L’homme s’approche de mon oreille avec des couteaux dans les yeux.

– Écoute bien ce que je vais te dire espèce de greluche, je suis armé et si tu ne veux pas que ta copine finisse en chair à saucisse, tu vas venir avec nous bien gentiment, sans faire d’histoire.

– C’est une blague! (Je sais qu’il ne plaisante pas.) Il est marrant ton cousin! Allez tant, pis! Au revoir!

Pris de court, il me laisse partir. C’est à ce moment que les flics se pointent. Ils repèrent immédiatement le duo et s’avancent vers eux, la main au-dessus de leur arme de service. Voyant cela, le mec prend les jambes à son cou. Je me dirige vers Manon et la serre dans mes bras pour la réconforter.

Trop de séries policières télévisées! Le couple d’amoureux se lève et je repose ma tasse de café. Prendre note d’appeler Manon pour savoir comment elle va. Je lui ai trouvé mauvaise mine.