Journal d’une apprentie motarde 2: La glace est brisée

Publié: mai 7, 2019 dans Autobiographie, Billet d'humeur
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OK, là c’est vrai! La glace est brisée. J’ai fait la connaissance de la bête. Celles de notre cours de moto sont des Buell Blast, un modèle construit entre 2000 et 2009 par une branche de Harley Davidson. Malmenées par des générations d’apprentis motocyclistes, elles semblent avoir le double de leur âge. On sent que personne ne s’attarde à les polir amoureusement. Elles sont rangées sans ménagement dans un gros conteneur rouge et abandonnées là jusqu’à la prochaine sortie par tous les temps.

Justement, pour mon baptême de la moto, la météo ne nous a pas fait de cadeau. Alors que je me dirigeais vers le site du cours, il s’est mis à pleuvoir du grésil. Même la pluie grelottait de froid. Pas question de prendre cela comme excuse pour remettre l’événement à plus tard. Honnêtement, dès que je suis montée sur la moto, j’ignore le temps qu’il a fait jusqu’à la fin du cours. Paraît qu’il a plu averse, car mes vêtements étaient complètement détrempés. J’étais hyper bien vêtue pour affronter le pire. J’avais de nouveaux gants avec lesquels j’aurais presque pu faire du ski-doo tellement ils étaient chauds. Alors mes petits doigts ont tenu bon, pendant que mes confrères étaient obligés de s’arrêter parce qu’ils ne sentaient plus leurs phalanges.

Le problème n’est certes pas venu des vêtements. Je crois que j’ai dû caler une vingtaine de fois en une heure. Je ne donnais pas assez de gaz, je lâchais l’embrayage trop vite, alors qu’il fallait s’exercer à faire quelques mètres, puis à s’arrêter et rebelote. C’est dur d’entendre ton moteur ronronner au milieu de toutes ces Buell qui blastent tout autour! Il est clair que je me cherche une excuse.

La dernière partie du parcours était constituée par un petit slalom plutôt serré à expérimenter en première vitesse. Je m’y suis risquée tout de suite et si j’ai raté une porte la première fois, ce fut la seule, à mon souvenir. Après avoir répété plusieurs fois le parcours, je suis allée retrouvée mes confrères abrités dans le conteneur. Pause-pipi, café, friction des doigts pour ceux qui en avaient besoin et on repart.

Le dernier défi du jour consistait à passer la 2e vitesse. J’appréhendais ce moment, pensant que ça allait partir en malade! Mais non, c’est tout progressif. En fait, si on ne continue pas d’accélérer, on poursuit à la vitesse où on était rendu.

Passage de vitesse, démystifié. Check.

Constatation no 1 : rouler à 20 kilomètres heure, c’est déjà cool, alors plus vite, ce doit être le pied. 2e constatation, tant qu’on roule (et qu’on contrôle la machine), on est en business.

Le lendemain, pour le 2e cours, j’ai appris à la dure que la trajectoire, c’est aussi important que le contrôle de l’embrayage. Ne vous imaginez pas de chutes et de vêtements déchirés. Pas si dur que ça, quand même, sauf pour mon égo. J’ai galéré durant tous les exercices impliquant de faire des ronds, des 8 et des virages en lacet. Pour ces maudits virages, j’entamais mal ma trajectoire dès le début. Je serrais le cône orange que je devais contourner, dès le départ, de sorte que je me retrouvais beaucoup trop loin de l’autre côté pour revenir faire le tour du second cône. Mais personne ne m’a avertie de mon erreur. Alors j’ai persisté comme ça pendant quelques heures. Car je pensais que mon principal problème était ailleurs. Dès que j’arrivais aux cônes placés dans une légère pente, je manquais de jus, car je serrais trop mon embrayage. Il n’était plus sur le point de friction. En fait, je n’ai pas du tout compris comment exécuter l’exercice en maintenant l’embrayage au point de friction et en jouant du frein et de l’accélérateur. Frustration! Heureusement, j’avais les autres exercices pour jeter un baume sur mon orgueil de lionne. Je me débrouille pas mal avec l’équilibre au ralenti, je suis assez à l’aise avec l’évitement d’obstacle et je suis arrivée beaucoup plus facilement que la veille à passer la 2e vitesse sans manquer mon coup en m’arrêtant au neutre. À ma décharge, concernant le passage de cette vitesse, j’ai lu dans un article sur la Buell, que c’est un défaut de la machine. Ha! J’adore le son que ça fait quand on passe les premières vitesses. Ce « clock » caractéristique sonne aussi bien à mon oreille que le « plock » d’une balle de tennis bien frappée.

Le dernier exercice de la journée à maîtriser, consistait à effectuer un virage à droite serré après un arrêt. Ça s’est plutôt bien passé. Encore une question de trajectoire, donc de regard, alors je tournais bien la tête en direction de là où je devais aller, mais cette fois, je mettais le gaz nécessaire pour rouler.

Le prof a pu constater que malgré toutes mes difficultés avec les exercices de « viraillages » au ralenti, je n’avais pas peur de foncer, de réessayer, d’accélérer quand c’était le temps.

Il ne me reste plus qu’à refaire ces exercices en ayant une meilleure compréhension de ce que je dois faire pour les réussir. Et pour cela, j’ai la chance d’avoir un chum qui est prêt à me donner un coup de main. Merci François pour tout!

commentaires
  1. François dit :

    C’est le début d’un temps nouveau…

    • 22bemol dit :

      C’est fou quand même de devoir maîtriser un engin comme ça en si peu de temps. En France, ils en font des heures de pratique avant les examens! Je suis déjà stressée juste d’y penser! Misère! Je vais avoir besoin de mon instructeur personnel!!!

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