Journal d’une apprentie-motarde 21: Rouler en groupe : Toute une initiation!

Publié: septembre 12, 2019 dans Autobiographie
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Le 8 septembre 2019 est une date à retenir dans ma vie de motocycliste, puisque c’est la journée de mon initiation au sein du Club Moto BMW Montréal. C’est la première fois que je vais intégrer dès le départ du trajet, un groupe de motocyclistes. Le rendez-vous est donné dans un Tim Hortons de Laval et je me dis que ces chaînes de restaurant devraient commanditer les Clubs motos et les écoles d’apprentissage, tellement nous constituons une bonne clientèle pour eux. Il faut dire que les établissements sont souvent situés de façon stratégique le long des routes et qu’ils offrent de grands stationnements accueillants. Tuan et Isabelle sont les premiers arrivés sur place dès huit heures du matin. Ne voyant personne d’autre, ils craignent de s’être trompés d’endroit. Le départ est prévu pour neuf heures, alors François et moi ne pensons pas qu’il est nécessaire d’arriver trop tôt. À huit heures, nous étions en train de faire le plein, bien que nos motos n’en avaient pas tellement besoin. Juste pour être tranquilles. En fait, l’épisode de Lac Mégantic avec mon voyant à essence qui s’est allumé à plus d’une quarantaine de kilomètres de notre destination est encore frais dans nos mémoires.

Grande première pour moi, nous prenons l’autoroute 15 en direction de Montréal. Ah, et puis une autoroute ou une autre, pourquoi s’énerver. On reste attentif, on fait ce qu’on a à faire. On évite de demeurer dans l’angle mort des voitures. Il n’y a pas tant de trafic ce matin. Ça m’a un peu plus perturbée quand François s’est trompé de sortie. Mais on a retrouvé facilement la destination pas longtemps après. Alors nous voilà! Hello tout le monde! Juste le temps de m’acheter une bouteille d’eau (on a oublié d’en amener), puis on va former les groupes. Pour l’occasion, je désire me couper de la sécurité de rouler avec mon chum. Je veux aussi laisser ma place de deuxième, la plus rassurante, à Isabelle pour qui c’est la première grande sortie de l’année. De plus, Véronique veut faire partie de son groupe, Gilles s’est proposé comme balayeur et François doit récupérer Annie, une autre apprentie-motocycliste, plus loin sur le trajet. Le groupe de mon chum est déjà complet. Je demande donc à Yvan de m’accueillir avec eux. Dans l’ordre, il y a Yvan, moi, Michel (celui avec les grands foulards), Tuan et Rémi avec sa passagère Micheline. Dès le départ, Michel annonce qu’il n’a pas le goût de rouler vite. Il aurait peut-être dû en aviser Yvan, car c’est lui qui est responsable du BBQ de tout à l’heure. Yvan n’a pas nécessairement envie de s’attarder plus que nécessaire. Dès qu’on est embarqué sur l’autoroute, je réalise que pas rouler vite pour Michel, ça veut dire 80 km/hre dans une zone limitée à 100. Hum. Et voilà le groupe de François qui nous dépasse maintenant, alors qu’il est parti en dernier. Sur le coup, personne n’a remarqué que Michel n’a pas de gants protecteurs et qu’il roule avec de petites chaussures de toile. Il ne fait pas très chaud aujourd’hui, Michel doit sûrement avoir froid, ainsi accoutré. Pas surprenant qu’il ne veuille sentir encore plus de vent lui rappeler que le fond de l’air est vraiment frais.

Dès qu’on a enfin quitté l’autoroute, on a bien vu que Michel continuait à traîner de la patte. Je me suis sentie prise entre deux feux. Ou je suis la vitesse très raisonnable imposée par le meneur, qui est toujours attentionné avec les apprentis, ou je force Yvan à ralentir pour attendre Michel, ce qui aurait cautionné le train d’escargot qu’il nous imposait. En principe, chacun est responsable de la personne immédiatement derrière lui, c’est-à-dire de s’assurer qu’elle suit. Je suis au fait de cette règle (que les gens n’appliquent pas toujours dans le Club), alors je n’ai aucune excuse de ne pas la respecter. Mais c’est moi la bébé-motarde ici, pas Michel! Je ne m’attendais pas à ce qu’un autre que moi puisse retarder la progression du groupe. À un moment, je sens que le reste de la bande est vraiment trop loin, alors je fais comprendre à Yvan de ralentir un peu en ralentissant d’abord moi-même. Quelques stops permettent de réunir le groupe. Mais dès qu’on repart, Michel creuse l’écart.

Je l’ai vraiment perdu de vue dans une courbe assez prononcée, dans un segment de route de campagne. Peu de temps après, j’entends un terrible son de freinage et de froissement de tôle. Et Rémi nous rejoint en catastrophe pour nous avertir que Michel vient d’avoir un accident, confirmant ce que je ne voulais pas admettre, malgré ce que mes oreilles avaient entendu.

Je laisse Yvan faire demi-tour avec Rémi et lui fait signe de ne pas m’attendre. J’espère secrètement que Michel va se relever, même s’il est sans doute un peu secoué, et qu’il sera apte à continuer sa route. Voyant que personne ne revient, je fais aussi demi-tour et rejoint les autres. Entre-temps, le groupe de Robert qui ne devait pas être très loin arrive sur les lieux avec Louise et Nicole qui sont infirmières de formation et qui s’assurent que Michel n’a pas de fractures graves. Heureusement, il ne roulait pas vite et ses blessures sont assez mineures, même si sa main droite semble dans un fâcheux état, toute bleue et boursoufflée. En fait, elles sont concentrées aux endroits où il était mal protégé, ses mains et ses pieds, et son bras, car son manteau d’été n’a pas résisté à l’abrasion sur l’asphalte. Il aura sûrement besoin de points de suture sur son pied, car on peut y apercevoir un trou assez profond. Mais tous peuvent pousser un soupir de soulagement. Le plus petit des accidents peut avoir des conséquences beaucoup plus graves. Quelqu’un a appelé des secours et deux voitures de police arrivent bientôt. Les agents font le constat de l’accident, se chargeant aussi de diriger la circulation. Une ambulance les suivra pour prendre Michel en charge. Les gars du Club amènent la moto accidentée dans une entrée de cour tout près et les policiers appellent la CAA avec les coordonnées de la carte de Michel.

Michel nous dira qu’il a dérapé sur du gravier dans la courbe. Probablement qu’il l’a mal abordée. Il ne m’a pas semblé qu’elle était si difficile à prendre. On est tous persuadés que s’il avait été correctement habillé, il s’en serait tiré avec quelques bleus seulement. La moto n’a presque rien, a première vue, hormis quelques égratignures et un clignotant cassé.

Tout s’est passé si vite que même Tuan qui suivait Michel n’a pas compris comment cela a pu arriver. Et voilà une autre preuve que dans plusieurs accidents de moto, seul le pilote est en cause. Erreurs d’inattention ou de jugement. Cela se passe souvent dans les courbes. Chacun est responsable de sa vitesse et de sa sécurité. Qu’on se le dise!

Nous reprenons finalement la route. Je pense qu’Yvan est préoccupé, non seulement par tout ce qui vient de se passer, mais par le BBQ qui l’attend. Il est encore plus attentif avec moi, conscient de mon expérience limitée, même si de mon côté tout va bien. Il n’ose même pas effectuer de dépassements, même si je suis amplement capable d’en faire. Néanmoins, nous avons retrouvé un bon tempo et on peut même prendre le temps de regarder le beau paysage qui défile sous nos yeux. C’est agréable de longer la rivière des Outaouais, dépassé le barrage de Carillon. C’est un coin que nous commençons à bien connaître, François et moi. J’adore cette route, mais c’est fou ce qu’on y trouve de casseurs de rythme. Des voitures qui roulent dix kilomètres/heure sous la vitesse permise! Misère!

Arrivés sur la route 148, on peut rouler à une vitesse normale jusqu’à l’autoroute 50 où Yvan en profite pour rattraper un peu de temps perdu. Yahou! C’est pratique d’avoir les amis derrière pour faire rempart lors des dépassements. Dès qu’ils ont pris possession de la voie de gauche, hop, on peut s’insérer devant eux. Prochain arrêt, la halte routière de Lachute. On y apprend qu’Isabelle a eu quelques ratés avec sa moto : sélecteur de vitesse dévissé, perte de puissance inexpliquée. En raison de cela, le groupe de François n’était arrivé à la halte que depuis dix minutes environ. Annie, une nouvelle motocycliste, y attendait la gang avec une autre potentielle recrue, Martin. François était en pleine conversation avec eux, alors il a à peine remarqué notre arrivée.

Que d’émotions pour tout le monde. Il n’y a pas une sortie en groupe où il n’arrive strictement rien. Mais disons que pour une initiation, je vais me rappeler longtemps de cette journée. Heureusement qu’on avait le BBQ ensuite pour se détendre et profiter enfin de la présence de chacun. Merci la gang de votre accueil! Et bon rétablissement Michel…

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