Journal d’une apprentie-motarde 22: Bilan jusqu’ici

Publié: septembre 18, 2019 dans Autobiographie
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Le 18 septembre 2019. Dans 2 jours, cela fera 3 mois que j’ai obtenu mon permis d’apprentie motarde. J’ai passé l’été à sillonner les routes de ma région, à la découvrir aussi, par le fait même. Avant, l’intérêt d’habiter dans les Laurentides venait surtout du fait que ça me rapprochait de ma famille qui habite plus loin dans le nord-ouest. Maintenant, j’apprécie jusqu’aux chemins tout en courbes qui mènent à ma maison, routes tranquilles de campagnes bordées d’arbres, endroit idéal pour partir en balade en chevauchant ma belle GS. J’ai emprunté des itinéraires dans toutes les directions, si bien que mon terrain de jeu manque à présent de nouveaux lieux à découvrir. Alors il faut passer le fleuve, affronter les autoroutes incontournables pour pouvoir aller plus loin, suivre les chemins de l’eau jusqu’à ce que l’air soit chargé d’iode, que l’odeur d’algues marines emplisse mes narines. Il faut sinon s’enfoncer dans les terres ondulantes au gré des monts et des collines jusqu’au bout de la route, jusqu’aux frontières qui demeurent fermées pour moi jusqu’à ce que j’obtienne enfin mon vrai permis.

Rouler avec mon chum, rouler en groupe, rouler tout court, parce que c’est devenu une passion. Rien ne bat la sensation quand on roule seul et qu’on se retrouve maître de son destin. Alors on comprend vraiment ce que veulent dire les motocyclistes quand ils parlent de liberté, mais aussi de fragilité. On est plus vulnérable, alors il faut s’assurer continuellement qu’on a bien évalué tous les risques : dans les courbes prononcées, aux intersections, près des forêts d’où peuvent surgir des animaux. Dans quel état est la route? Souvent pas terrible! Mais parfois, c’est un vrai charme. Et on est content d’avoir découvert ce chemin inconnu. On a l’impression d’être le premier motocycliste à l’emprunter… jusqu’à ce qu’on croise un congénère qui nous envoie la main avec complicité.

Il m’arrive encore de caler, mais beaucoup moins souvent. Surtout quand on roule dans le trafic au ralenti. Parfois j’échappe mon embrayage au mauvais moment sans avoir ouvert un peu les gaz, un peu par fatigue. Il m’arrive encore d’être embêtée de devoir faire des demi-tours, surtout à cause de mon contrôle parfois déficient de l’embrayage. À travailler! Mais je n’ai jamais eu peur d’avoir à affronter des routes difficiles. J’y vais, c’est tout. À mon rythme.

Ma seule crainte est de ressentir un grand vide quand on ira remiser les motos pour l’hiver. Il faudra le combler avec une autre activité aussi passionnante. Ouais, bon… Qu’est-ce qui pourrait me procurer des sensations aussi fortes, dites-moi? Qui vivra verra… Alors rester en vie…

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