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Après mes six premières heures de cours, voyant que je n’arrivais pas à bien exécuter les exercices de maîtrise de l’embrayage et de la trajectoire, je fais part à François de la nécessité plus qu’évidente d’avoir l’opportunité de pouvoir pratiquer en dehors des minces heures de cours. D’autant plus que les explications sommaires du moniteur se limitent à répéter qu’il me faut jouer avec l’embrayage, l’accélérateur et le frein. Bon. OK. Mais encore? Mon argument premier pour l’achat immédiat d’une moto : quand tu apprends à jouer d’un instrument, il faut que tu pratiques si tu veux t’améliorer! (Je suis musicienne, je sais de quoi je parle!) Le numéro deux étant qu’il me faudra bien disposer de mon propre engin sous peu. La formation se déroule à une vitesse folle. Bientôt, si tout se passe bien, j’aurai le droit de rouler sur les routes. Mais rassurez-vous, je ne le ferai pas si je ne suis pas certaine de contrôler la bête.

J’épluche les petites annonces dans le groupe de vente de motos auquel je me suis récemment abonnée. Justement, j’ai vu passer récemment une petite Honda CB500F 2014, pas trop chère. Je sais, je sais, j’avais dit que mon cœur battait très fort pour la Kawasaki Versys 650LT, mais de façon plus raisonnable, il me semble qu’une moto pas trop haute, où j’aurai les deux pieds bien au sol à l’arrêt, serait plus appropriée pour l’instant. Et puis elle est fortement recommandée pour les débutants, car elle est très maniable. C’est en plein ce qu’il me faut. Je contacte le gars, on échange nos coordonnées le vendredi 3 mai 2019. Le dimanche 5 mai on va essayer la moto, le lundi 6, on la ramène à la maison. François est totalement conquis par sa légèreté, son agilité et sa souplesse de conduite. Il a du plaisir à prendre les courbes, en ayant l’impression de rouler au ras de la route en faisant corps avec la moto. Lorsqu’il retire son casque, il a un grand sourire aux lèvres et me dit qu’il ne se souvient pas la dernière fois où il a eu autant de plaisir!

Cet achat a fait trois heureux : moi, François (qui compte en profiter tant que je n’aurai pas le droit de sortir sur la route) et notre vendeur Martin, qui une fois son argent en poche s’est précipité chez Motos Illimitées à Terrebonne se procurer une Honda CBR1000RR. C’est dire comme il était prêt pour plus de puissance!

Le lendemain, on se trouve un stationnement tranquille et assez large pour que je puisse l’essayer. Au début, je suis un peu intimidée, car elle est si belle que j’ai peur de faire des manœuvres qui auraient un potentiel de me mettre en danger de l’échapper. Un de mes amis me déconseillait de pratiquer avec ma propre moto pour éviter ce risque. Mais il faut bien se lancer un jour. Je n’ai jamais échappé la moto dans mes cours. Les seuls moments où c’était vraiment dangereux, c’était dans les virages serrés au ralenti. Il ne faut pas hésiter à mettre le pied à terre quand tu es en déséquilibre, c’est tout. Même si l’égo prend un coup à chaque fois. Ma moto est légèrement plus lourde que celle de l’école. Je ne suis pas encore totalement rassurée. Alors pour cette première fois, je ne prends aucun risque. Après avoir testé l’embrayage sous la supervision de François, mon prof privé, je fais des grands tours autour du stationnement. Et puis hop, tout à coup, je teste sa maniabilité en faisant de petits zigzags, juste pour voir. Finalement, je me risque à faire enfin un demi-tour, afin de faire mes grands tours dans l’autre direction. François commence à avoir froid. Ce sera tout pour cette fois-là. De toute façon, demain, j’ai mon 3e cours.

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OK, là c’est vrai! La glace est brisée. J’ai fait la connaissance de la bête. Celles de notre cours de moto sont des Buell Blast, un modèle construit entre 2000 et 2009 par une branche de Harley Davidson. Malmenées par des générations d’apprentis motocyclistes, elles semblent avoir le double de leur âge. On sent que personne ne s’attarde à les polir amoureusement. Elles sont rangées sans ménagement dans un gros conteneur rouge et abandonnées là jusqu’à la prochaine sortie par tous les temps.

Justement, pour mon baptême de la moto, la météo ne nous a pas fait de cadeau. Alors que je me dirigeais vers le site du cours, il s’est mis à pleuvoir du grésil. Même la pluie grelottait de froid. Pas question de prendre cela comme excuse pour remettre l’événement à plus tard. Honnêtement, dès que je suis montée sur la moto, j’ignore le temps qu’il a fait jusqu’à la fin du cours. Paraît qu’il a plu averse, car mes vêtements étaient complètement détrempés. J’étais hyper bien vêtue pour affronter le pire. J’avais de nouveaux gants avec lesquels j’aurais presque pu faire du ski-doo tellement ils étaient chauds. Alors mes petits doigts ont tenu bon, pendant que mes confrères étaient obligés de s’arrêter parce qu’ils ne sentaient plus leurs phalanges.

Le problème n’est certes pas venu des vêtements. Je crois que j’ai dû caler une vingtaine de fois en une heure. Je ne donnais pas assez de gaz, je lâchais l’embrayage trop vite, alors qu’il fallait s’exercer à faire quelques mètres, puis à s’arrêter et rebelote. C’est dur d’entendre ton moteur ronronner au milieu de toutes ces Buell qui blastent tout autour! Il est clair que je me cherche une excuse.

La dernière partie du parcours était constituée par un petit slalom plutôt serré à expérimenter en première vitesse. Je m’y suis risquée tout de suite et si j’ai raté une porte la première fois, ce fut la seule, à mon souvenir. Après avoir répété plusieurs fois le parcours, je suis allée retrouvée mes confrères abrités dans le conteneur. Pause-pipi, café, friction des doigts pour ceux qui en avaient besoin et on repart.

Le dernier défi du jour consistait à passer la 2e vitesse. J’appréhendais ce moment, pensant que ça allait partir en malade! Mais non, c’est tout progressif. En fait, si on ne continue pas d’accélérer, on poursuit à la vitesse où on était rendu.

Passage de vitesse, démystifié. Check.

Constatation no 1 : rouler à 20 kilomètres heure, c’est déjà cool, alors plus vite, ce doit être le pied. 2e constatation, tant qu’on roule (et qu’on contrôle la machine), on est en business.

Le lendemain, pour le 2e cours, j’ai appris à la dure que la trajectoire, c’est aussi important que le contrôle de l’embrayage. Ne vous imaginez pas de chutes et de vêtements déchirés. Pas si dur que ça, quand même, sauf pour mon égo. J’ai galéré durant tous les exercices impliquant de faire des ronds, des 8 et des virages en lacet. Pour ces maudits virages, j’entamais mal ma trajectoire dès le début. Je serrais le cône orange que je devais contourner, dès le départ, de sorte que je me retrouvais beaucoup trop loin de l’autre côté pour revenir faire le tour du second cône. Mais personne ne m’a avertie de mon erreur. Alors j’ai persisté comme ça pendant quelques heures. Car je pensais que mon principal problème était ailleurs. Dès que j’arrivais aux cônes placés dans une légère pente, je manquais de jus, car je serrais trop mon embrayage. Il n’était plus sur le point de friction. En fait, je n’ai pas du tout compris comment exécuter l’exercice en maintenant l’embrayage au point de friction et en jouant du frein et de l’accélérateur. Frustration! Heureusement, j’avais les autres exercices pour jeter un baume sur mon orgueil de lionne. Je me débrouille pas mal avec l’équilibre au ralenti, je suis assez à l’aise avec l’évitement d’obstacle et je suis arrivée beaucoup plus facilement que la veille à passer la 2e vitesse sans manquer mon coup en m’arrêtant au neutre. À ma décharge, concernant le passage de cette vitesse, j’ai lu dans un article sur la Buell, que c’est un défaut de la machine. Ha! J’adore le son que ça fait quand on passe les premières vitesses. Ce « clock » caractéristique sonne aussi bien à mon oreille que le « plock » d’une balle de tennis bien frappée.

Le dernier exercice de la journée à maîtriser, consistait à effectuer un virage à droite serré après un arrêt. Ça s’est plutôt bien passé. Encore une question de trajectoire, donc de regard, alors je tournais bien la tête en direction de là où je devais aller, mais cette fois, je mettais le gaz nécessaire pour rouler.

Le prof a pu constater que malgré toutes mes difficultés avec les exercices de « viraillages » au ralenti, je n’avais pas peur de foncer, de réessayer, d’accélérer quand c’était le temps.

Il ne me reste plus qu’à refaire ces exercices en ayant une meilleure compréhension de ce que je dois faire pour les réussir. Et pour cela, j’ai la chance d’avoir un chum qui est prêt à me donner un coup de main. Merci François pour tout!

La liberté sur deux roues

Publié: novembre 27, 2018 dans Billet d'humeur
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vélo moto

Le premier gros achat de ma vie fut un vélo Targa CCM 10 vitesses bleu ciel. J’avais 12 ou 13 ans et une grande soif d’indépendance. Je me souviendrai à jamais de ce jour béni où je suis allée chez Canadian Tire avec mon père pour le choisir. On aurait dit que la monture n’attendait que moi, sagement alignée avec ses congénères, rutilante de mille feux avec sa peinture lustrée et ses jantes chromées.

Venant du fond d’un rang en Abitibi, ce vélo représente alors pour moi la liberté suprême, la possibilité d’aller plus vite, plus loin, de découvrir d’autres horizons, de sentir le souffle du vent caresser mon visage tandis que je dévale les nombreuses pentes semées le long de ma route. Oublions vite les pénibles montées escarpées, dont on ne peut venir à bout qu’en s’échinant, debout sur les pédales. Ne surtout pas mettre les pieds par terre. Par défi. Mais la récompense vaut l’effort, alors que je pédale à toute vitesse dans la descente pour prendre l’élan nécessaire afin d’affronter la prochaine épreuve. C’était à l’époque où on n’avait même pas de casque, même pas de gants, même pas de short en lycra rembourré pour amortir les chocs. On était fait tough!

Il n’y a pas une journée ensoleillée où je ne pars faire un tour. Mes minces pneus de vélo de route s’enfoncent dans la garnotte lorsqu’il faut m’écarter des roulières pour laisser passer une voiture. Je la maudis d’avoir coupé mon élan, de m’enfumer ensuite dans un nuage de poussière minérale. Je rêve d’asphalte lisse en tentant d’éviter les trous creusés par la dernière averse. De la maudite planche à laver!

Quantité de saisons de vélo plus tard, voilà que mon chum m’invite à embarquer sur la selle-passager de sa nouvelle moto BMW R1200RT. Une énorme bête gris-bleu-éléphant, prête pour partir en safari avec ses trois valises aptes à contenir toute l’excitation liée à l’aventure. La première sensation qui me frappe de plein fouet, est une symphonie d’odeurs filtrant à travers les trous d’aération de mon casque. C’est comme si mon nez retrouvait soudain sa fonction de reconnaissance olfactive: merci la vie! J’ai même l’impression d’avoir jusqu’ici oublié de prendre de grandes inspirations, inconsciemment préoccupée de bloquer la pollution atmosphérique. Tous mes sens sont en éveil. Je danse un étrange tango avec mon partenaire au fil des courbes sur la route. C’est à la fois grisant et terrifiant. Je me sens si fragile, à la merci des éléments, d’une erreur de jugement, d’un imprévu sur le parcours. Je n’ai plus le contrôle sur rien du tout, spectatrice de ma vie qui n’a pourtant rien de virtuel. Mais je me prends au jeu, enserrant momentanément un peu plus fort la taille de mon chum en signe de gratitude. Nous n’avons jamais été si près l’un de l’autre, si unis dans nos destinées. À la vie, à la mort. En dehors de cet instant il n’y a plus rien qui ait une quelconque importance. Il fait chaud et je m’en fous, tant qu’on continue de rouler. Sortons du rang, allons découvrir le monde, allons explorer tous ces chemins auxquels hier encore je ne portais même pas attention. Nous faisons corps avec le paysage comme le kayakiste dans son embarcation ne fait qu’un avec la rivière. Je redécouvre l’univers qui m’entoure avec un regard neuf, émerveillé. Tout est magnifié par l’hyper-conscience que me procure cette expérience sur deux roues motorisées.

La majorité des motocyclistes que nous croisons nous font un petit signe de connivence, complices d’un même plaisir à se retrouver là sur la route. Jeunes, vieux, hommes, femmes, nous faisons tous partie de la même confrérie, peu importe la monture que nous chevauchons. Lorsque nos regards se croisent, on se sourit avec bienveillance, sous-entendant qu’en cas de pépin, on peut compter les uns sur les autres.

Le temps passe. « I wanna be a part of it! » Ça ne me suffit plus d’être spectatrice. J’ai besoin de sentir à nouveau le vent de liberté de mes douze ans. J’ai besoin de tenir les guidons de ma vie bien fermement dans la garnotte. Enfin pouvoir narguer les conducteurs sur quatre roues qui m’envient. Faire vraiment partie de cette famille qui t’accepte comme tu es, juste parce que tu partages le même besoin de fuir le quotidien dans ta bulle de fibres de carbone, ou dans ton kit en cuir qui te donne l’air d’être fait tough. Je rêve du jour où j’irai choisir une monture rutilante, bien alignée avec ses congénères. Je sens, je sais qu’elle n’attend que moi…

Quel hiver interminable!

Publié: avril 6, 2013 dans Billet d'humeur
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Il a même fallu même creuser une tranchée pour que le chien aille faire ses besoins cet hiver, imaginez!!

Je suis vraiment, vraiment, vraiment tannée de l’hiver, alors j’ai conçu quelques activités afin de tromper ce malotrus qui refuse de s’avouer vaincu, s’obstinant à conserver son manteau blanc :

1- Détente: Boire des cocktails à base de noix de coco, style Malibu sunrise, vêtue d’un paréo, en regardant des photos de notre piscine en activité.
2- Sportive: Pelleter la neige le plus loin possible de ma maison, dégageant par le fait même les crocus et les narcisses qui ne demandaient que cela!
3- Botanique: Parler à mes semis, en leur racontant de belles histoires, genre, comment ils vont être heureux dans le potager, quand le soleil sera bien chaud.
4- Culturelle: Ne lire que des romans qui se passent en été! Idem pour les films à regarder.
5- Gastronomique: Abandonner toute idée de cuisiner des soupes et les remplacer par des salades. Manger des cornets de crème glacée.
6- Psychologique: Faire des plans pour les vacances, parler de repeindre le patio, huiler les chaînes des bicyclettes, en faisant semblant qu’il n’est pas là dehors, à la porte, aussi tenace qu’un vendeur itinérant.
7- Domestique: Étendre du linge sur la corde dehors, au moindre rayon de soleil.

Et ce n’est qu’un début!!!

Je vous invite à me proposer d’autres activités. Ça urge, parce que j’ai jamais vu de la neige qui se cramponne autant sur ses positions. Ça me rappelle certains premiers ministres québécois et canadiens. Alors on aurait peut-être besoin de nos grévistes du printemps érable de l’an dernier pour détrôner Jack Frost!
Tous à la pelle! Répondez à l’appel!

La lecture en entrée

Publié: février 24, 2013 dans Billet d'humeur
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chronique-livres

J’ai toujours su lire.
C’est du moins l’impression que j’ai.
J’avale des livres comme de la nourriture. Je suis une boulimique insatiable.

J’ai souvenir fugace de concours de lecture que nous faisions avec nos petites voisines, à savoir qui terminerait en premier son petit livre pour enfant. Je gobais chaque mot à la vitesse de l’éclair et plus souvent qu’autrement, je sortais vainqueur de ce challenge pas si gratifiant. Qu’y a-t-il de si fabuleux à savoir lire si vite, sinon savoir lire tout court!

Plus tard, alors que quelques camarades de classe peinaient à terminer leur roman hebdomadaire obligatoire, j’empruntais des livres supplémentaires à la nouvelle petite bibliothèque municipale de Cléricy en Abitibi, petit village rival du mien. Il fallait bien piler sur mon orgueil, car dans mon patelin, nous n’avions pas encore cette chance d’avoir le monde à portée de mots. Et c’était la fille que je n’aimais pas qui m’a abonnée et qui choisissait des livres pour moi. J’étais à la merci de ses sélections et c’était extraordinaire, car elle m’a amené dans des contrées que je n’aurais pas imaginé découvrir, notamment dans les confins du Devonshire, pour résoudre de crapuleux meurtres imaginés par Agatha Christie. Je ne comprends pas encore pourquoi elle a fait cela pour moi, mais je lui en serai à jamais reconnaissante. Après plus de trente années, j’ai oublié la plupart des noms de mes camarades de classe de cette époque, mais pas le sien, Hélène Boulé.

Arrivée à Montréal, pour poursuivre des études en musique, j’ai découvert des bibliothèques plus imposantes. Non contente d’avoir accès à ma bibliothèque universitaire, il m’en fallait encore plus. J’allais emprunter des livres dans la succursale de la ville en face du Parc Lafontaine pour ensuite m’asseoir sur un banc près du plan d’eau, afin de consommer mon pique-nique spirituel. Et comme j’avais maintenant le plein pouvoir sur mes décisions de lecture, j’ai entrepris de me plonger dans les grands classiques de la littérature, afin de parfaire mon éducation.

Puis je me suis tournée vers mes contemporains, des auteurs d’ici qui employaient mes mots, qui décrivaient mes paysages. Peu à peu, ils se sont mis à agencer avec de plus en plus d’audace les mots et les idées, titillant mon esprit avide de ces nouvelles expériences de cuisine moléculaire pour l’esprit… Et derrière tout cela, encore et toujours des histoires, des mondes, beaucoup d’êtres mal aimés qui se cherchent.

Un bon jour, peu fortunée, j’ai proposé d’échanger mes mots contre une entrée à un événement musical. J’ai ainsi rédigé mon premier article pour une la revue le Musicien Québécois et ce fut la révélation suprême. Autant j’aimais lire, autant j’aimais partager mes propres mots et mes idées avec les autres. Certificat en communications et travail de scénariste pour les institutions muséales ont suivi cette découverte.

Une quarantaine d’années de lectrice assidue plus tard, me voilà. Animée par un esprit de découverte et de partage. En mémoire d’Hélène Boulé, la fille que j’ai toutes les raisons d’estimer…

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J’ai bien vu hier soir que ce qui tombait du ciel, n’était pas de la neige comme nous aurions dû nous y attendre à cette époque de l’année. Déjà, quand nous sommes allés faire prendre sa dernière marche à Lucien le chien, nous avons vu la glace qui commençait à givrer les vitres des voitures. Mais la route n’était pas vraiment glissante à ce moment-là. Alors ce matin, je ne me suis pas méfiée. J’ai jeté un rapide coup d’oeil à l’escalier de béton et tout semblait normal.

Après, c’est arrivé très vite. À peine ai-je posé le pied sur le haut du palier que j’étais déjà rendue en bas de l’escalier, les arêtes des marches contre mon dos déjà fragilisé par une mauvaise nuit de sommeil. Lucien le chien a fait de son mieux pour ne pas subir le même sort que moi et j’ignore encore comment il s’y est pris, lui qui souffre d’un problème de hanches et qui a une blessure  non guérie à la patte arrière droite. Je suis demeurée étendue sur le sol un moment, tentant de me ressaisir, pendant que mon chien inquiet restait à côté de moi, se demandant visiblement quel comportement adopter. J’ai passé en revue les différentes parties motrices de mon corps, tout semblait heureusement en état de marche. Après avoir fait signe à Lucien d’aller vaquer au soulagement de ses besoins, j’ai inondé l’escalier maudit de sel de déglaçage en quantité peu raisonnable pour l’environnement. Il n’allait pas m’avoir aujourd’hui ce salopard!

Mon dos conserve un souvenir peu élogieux de cette aventure. Décidément, les épisodes de verglas se font de plus en plus fréquents. Même François commence à soupeser les bienfaits de ces pourtant affreux abris tempo. Il y pensera encore plus quand il aura à dégivrer les fenêtres de la voiture tout à l’heure.
Et un au-dessus de l’escalier? C’est à considérer!!!

Droits d’auteur: Francine Gaulin

Insomnie

Publié: décembre 15, 2012 dans Billet d'humeur
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Il en met du temps le soleil à se lever quand le sommeil nous fuit, quand on attend l’heure où la maisonnée s’anime. Dans ma forêt où les arbres prennent leur pied à chaque année, ma maison semble de plus en plus petite et l’astre du jour rase longtemps leurs troncs avant de se montrer un peu au-dessus des cimes.
Il en met du temps. Un long pélerinage au-dessus des villes où les gens retournent peu à peu à leurs si importantes occupations, coincés dans leurs voitures crachant du CO2. Ne pas réfléchir et foncer, car sinon on pourrait vouloir figer notre main qui ira réveiller le petit pour ne pas qu’il quitte le nid douillet de son enfance, pour ne pas qu’il soit happé par l’absurdité de notre course folle vers l’abîme.
Je crois que je vais retourner me coucher…
Auteur: Francine Gaulin